Témoignage de mon exposition aux métaux lourds

vendredi 13 janvier 2012
par  André Boucq
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Témoignage de mon exposition aux métaux lourds

Suite à l’article voir lien ci-dessous :

http://andrecontrelasla.be/Elimination-des-Metaux-Lourds.html

Ce petit témoignage personnel ne me permet pas de dire que ma SLA est dû à l’exposition aux métaux lourds, mais j’avoue avoir une grosse suspicion là-dessus. Je ne peux également vous certifier que je suis intoxiqué !

Commençons par les amalgames dentaires

Ces amalgames dentaires sont composés entre autres de plomb et mercures. Il y a suspicion concernant ces produits comme déclencheurs de SLA, mais rien n’est prouvé. J’ai eu de nombreux et gros plombages, il m’en reste d’ailleurs quelques uns. Je devais souvent retourner chez le dentiste pour les refaire. Mais je suis plus septique sur cette piste que sur la suivante. C’est à dire l’intoxication professionnelle, voir la suite.

Ma vie professionnelle :

Exposition aux vapeurs de soudure d’étain.

Retournons aux années 1979 - 1980, muni d’un diplôme de menuisier, je quitte l’école, tout fier le Dédé, (fallait déjà pas grand-chose pour me rendre heureux) je me mets alors à la recherche d’un emploie dans ce domaine, je suis rapidement embauché dans une ébénisterie industrielle Française. Je peux confirmer aujourd’hui, qu’industriel, veux bien dire industriel, et que le boulot était loin d’être de l’ébénisterie comme on se l’imagine. Mais, j’étais très content d’avoir du travail ! On y fabriquait des petits meubles, mais en quantité réduite et ensuite des enceintes pour chaine hifi. Cet atelier tournait à plein régime, la qualité Française était encore reconnue.

Durant dix ans dans cet établissement, j’ai presté en tant que soudeur à l’étain (plomb). Huit heures par jour, et souvent plus. Je soudais les fils sur des hauts parleurs, câbleurs de HP qu’on nous appelait moi et mon collègue. j’ inhalais donc les vapeurs de la soudure d’étain et du plomb tous les jours. Je vous assure que j’en ai bouffé et rebouffé de la vapeur.

J’étais jeune et en pleine forme, et à cette époque, on parlait de maladies professionnelles, mais peu ! Et si j’avais été sensibilisé sur les dangers, en aurai je tenu compte ??????????? 1989, l’entreprise va licencier, je décide de quitter le bateau avant qu’il ne coule.

Une entreprise locale Belge de céramique recrute des (couleurs de lavabos) fabrication de lavabos.

Exposition à la silice

Un mois de formation et trois mois d’essais, ensuite je serai embauché. Je me lance pieds et poings liés, c’est une opportunité à ne pas manquer, d’autant plus que le salaire annoncé est très élevé pour un ouvrier, sans doute le plus élevé de la région, d’où une certaine motivation. Voilà le petit Dédé couleur céramiste. C’est un travail à la pièce, plus on produit, plus on gagne, je peux dire qu’on se défonce pour produire et dans une chaleur très élévée, les 3/4 des ouvriers comme moi travaillent à torse nu et en short.

Je travaillerai 11 ans dans cette entreprise, c’est-à-dire jusqu’au diagnostique de la SLA. L’exposition aux métaux lourds dans cette usine est moins visible que la fumée d’étain, mais elle est omniprésente. Dans la composition de la barbotine, (mixture de produits secrets et boue très liquide de terre) que nous employons pour la fabrication de céramique, il y a de la silice. Je suis donc en contacte permanent avec la silice. Lors du coulage avec la (boue) sur les mains, mais la figure aussi lors d’éclaboussement. Lors de la finition à l’état sec, je suis exposé à sa poussière, il faut ébavurer les arrêtes et les frotter pour obtenir une belle finition, nettoyer le tout à l’éponge dans un bac d’eau. La silice peut pénétrer partout, narines, bouche, etc. Nous mangeons notre casse croute dans ce même atelier, insoucients que nous sommes, et encore auraient on été à la cantine nous avions de la poussière partout. Année 2000, le diagnostique SLA tombe, je suis en longue maladie, je ne connais encore rien de cette maladie.

Quelques années plus tard, cette entreprise fermera pour cause économique, et j’apprendrai qu’un collègue proche est décédé de SLA. Ce copain, n’aura pas eu ma chance, pour lui elle aura été foudroyante, c’est-à-dire pas plus de deux ans. Quand je pense qu’au début de ma maladie, je rendais régulièrement visite à mes potes au boulot, jamais je n’aurai cru qu’un de ceux-ci serait touché par SLA.

Aujourd’hui, je me pose les questions suivantes ! Est-ce une coïncidence que moi et lui, deux collègues de travail proches soient touchés par la SLA ?

Avons-nous été victimes d’une exposition à des produits déclenchant la maladie ?

Une suite à cet article ? Peut être !!!!!!