Un nouveau mécanisme de toxicité des astrocytes envers les neurones moteurs.

vendredi 26 novembre 2010
par  André Boucq
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L’équipe Inserm-Avenir dirigée par Cédric Raoul à Marseille au sein de l’Inserm UMR 901 INMED, met en évidence un nouveau mécanisme de toxicité des astrocytes envers les neurones moteurs. Ces travaux scientifiques concernent la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot, maladie neurologique incurable. Ces travaux viennent de faire l’objet d’une publication dans la Revue Cell Death and Differentiation.

L’équipe Inserm-Avenir est dirigée par Cédric Raoul qui est originaire de la région marseillaise. Après avoir effectué sa thèse sur les mécanismes de la mort cellulaire à Marseille au sein de l’Inserm U382, il complète sa formation dans le domaine de la thérapie génique à l’école polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse. C’est en novembre 2006 qu’il est recruté à l’Inserm et rejoint l’Inserm UMR 901 INMED pour y fonder une équipe Avenir travaillant sur la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Ces travaux scientifiques ont été réalisés en collaboration avec une équipe de recherche de l’Institut Pasteur de Montevideo en Uruguay, des cliniciens de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris. Le projet a reçu de nombreux soutiens de partenaires associatifs, institutionnels et privés : association Française contre les myopathies (AFM), association pour la recherche sur la SLA (ARSLA), association Thierry Latran, la région PACA, l’entreprise Trophos SA, Marseille et LASCCO SA, Genève, Suisse. La sclérose latérale amyotrophique (SLA) La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurologique incurable qui affecte les neurones moteurs de la moelle épinière et du cerveau responsables de la motricité. La SLA se manifeste par une perte graduelle des fonctions musculaires et évolue rapidement vers une paralysie générale. Bien que les neurones soient sélectivement atteints dans la maladie, les astrocytes, les cellules nourricières partenaires actifs des neurones, présentent des anomalies fonctionnelles qui contribuent au processus dégénératif. En effet, il est reconnu que les astrocytes dans le contexte de la SLA libèrent des facteurs qui sont sélectivement toxiques aux neurones moteurs. Toutefois, la nature et les mécanismes d’action de ces facteurs neurotoxiques restent très peu connus.

Intérêt des travaux scientifiques

L’équipe Inserm-Avenir dirigée par Cédric Raoul à l’Inserm UMR 901, INMED a récemment identifié l’interféron gamma (IFN ?) comme un des facteurs toxiques libérés par les astrocytes. Cette équipe de recherche montre, grâce à des modèles cellulaires et animaux de la maladie, que l’IFN ? déclenche, et ce spécifiquement dans les neurones moteurs de la moelle épinière, un mécanisme qui active la molécule LIGHT. LIGHT orchestre alors une cascade d’évènements dans le neurone qui aboutit à sa destruction. L’équipe a observé que l’IFN ? est bien présent dans la moelle épinière des modèles expérimentaux atteints de la SLA lors des premiers symptômes cliniques de la maladie et perdurent tout au long de son évolution. C’est en inactivant ce mécanisme de dégénérescence que l’équipe est parvenue à ralentir la détérioration des neurones moteurs des modèles expérimentaux souffrant de la SLA, et rallonger leur espérance de vie. En décrivant un nouveau mécanisme de toxicité des astrocytes envers des neurones moteurs l’équipe de chercheurs a réalisé une avancée notable dans la compréhension de la neurodégérescence et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour cette maladie.

Le défi majeur des thérapies des maladies du neurone moteur comme la SLA est de délivrer efficacement une molécule thérapeutique à l’ensemble des neurones. Or, ces neurones sont singulièrement distribués le long de la moelle épinière et dans des régions du cortex cérébral. Diverses approches thérapeutiques, basées notamment sur la thérapie génique ou l’immunothérapie, sont actuellement explorées dans le laboratoire sur des modèles expérimentaux de la SLA, et ont toutes pour objectif d’inactiver l’IFN ? ou LIGHT. Grâce à nos partenaires académiques, cliniciens et industriels, tout est mis en oeuvre pour explorer le potentiel thérapeutique de ces nouvelles cibles. Toutefois, cette découverte est encore éloignée des applications cliniques et son potentiel thérapeutique s’inscrit dans une démarche à long terme.